Notice sur Louches

Notice Calaisis 1833

Notice historique sur l’état ancien et moderne du Calaisis, de l’Ardrésis, et des pays de Bredenarde et de Langle, par P.J.M. Collet, Calais, 1833 ; « Louches » (page 238).

« Louches, village très-boisé situé à mille six cents toises sud-sud-est d’Ardres et à deux lieues un quart est-sud-est de Guînes, dans une plaine fertile et agréable, où se trouve la source de la rivière du Houlet qui coule du sud au nord.

On y remarquait une baronnie, une pairie et deux seigneuries de la dépendance de l’ancien comté de Guînes. La baronnie était à Cresèques, la pairie à Lortbarne et les seigneuries à Estienbecque et Saint-Martin. Cette dernière deviendra le sujet d’une notice particulière.

Ce village, dont quelques habitans se livrent à la préparation du lin, fit partie du canton d’Ardres depuis 1790 jusqu’en 1801, qu’il fut incorporé à celui de Tournehem, dont Ardres devint chef-lieu en 1803.

A l’extrémité du territoire de Louches, vers le sud-ouest, on remarque au sommet de la montagne aride et déserte de Saint-Louis, territoire de Guémy, les vestiges d’un camp entouré de redoutes, ayant au centre un bâtiment construit en pierres, dont les murs existent encore ainsi qu’une partie du toit.

Ce camp, d’après l’histoire, ne peut avoir été qu’un des trois établis en 208 par Septime Sevère , dans la vue de renforcer son armée et d’attendre ensuite le moment favorable de s’embarquer pour la Grande-Bretagne, où, après trois ans de séjour, il mourut à York en 211, après une expédition glorieuse.

Quant au monument qui se trouve au milieu de ce camp et qu’on nomme vulgairement chapelle de Saint-Louis, sa forme et sa construction annoncent assez qu’il est d’institution religieuse; mais il s’agit de savoir s’il n’a pas été primitivement destiné aux réunions des disciples des druides et successivement à celles des catholiques.

Tout semble confirmer cette double assertion, en ce que la situation de ce monument, sur un des points les plus éminens du pays, au centre d’un horizon vaste, dont l’intervalle, rempli par des bois, des eaux, des sites les plus pittoresques, offrait aux leçons des ministres de la Divinité une page éloquente du grand livre de la nature ; et que les légendes sacrées font foi que très-souvent il est arrivé, à l’époque du passage de l’idolâtrie au christianisme, que des chapelles, des églises ont été érigées sur les ruines même des temples, des lieux sacrés du polythéisme. »

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