Contrat de mariage entre Jean Picquart et Marie Thérèse Jordaens (1732)

Bibliothèque de Saint-Omer, Gros des notaires, année 1732, contrat de mariage n°106, en date du 12 décembre 1732.

(Mariage célébré le 16 décembre 1732 à Zutkerque : voir l’acte)

Pardevant les notaires royaux d’Artois résidens à Saint-Omer soussignés furent présens en personnes :

– Le sieur Jean Picquart vivant de ses biens demeurant à Zutquerque fils à marier de feu Jean et d’encore vivante damoiselle Marie Catherine Clément d’une part (1) ;

– Damoiselle Marie Thérèse Jordaens fille à marier de feu Denis Winocq et d’encore vivante damoiselle Anne Marie de Altuna présentement épouse du sieur Jacque Théodore Loys arpenteur et partageur juré de la province de Flandre, demeurant audit Zutquerque, aussy bien que ladite damoiselle Marie Thérèse Jordaens, assistée et accompagnée dudit sieur Loys son beau-père et de ladite dame sa mère d’autre part (2).

Et recognurent lesdites parties pour parvenir au mariage projetté qui au plaisir de Dieu se fera et solennisera en face de notre mère Sainte Eglise entre ledit sieur Jean Picquart et ladite damoiselle Marie Thérèse Jordaens ;

Mais avant qu’entre eux il y ait aucuns liens et promesse dudit mariage avoir et ont traitté et stipulé des conditions avantages retours et douaire d’icelluy comme s’ensuit :

Scavoir est quant aux biens et portemens desdits futurs marians ils ont déclaré n’en faire aucune déclaration ny spécification pour s’en tenir respectivement contents ;

Ce fait a été dit et expressement conditionné qu’arrivant ce mariage parfait et consommé soit que d’icelluy il y ait enfants vivants apparants à naître ou non, que ledit sieur Picquart futur mariant vint à prédécéder ladite damoiselle Jordaens future mariante en tous cas elle aura et remportera tous ses habits, linges, bagues, joyaux et ornemens servant à son corps et chef, avecq une chambre garnye et meublée jusques et à concurrence de la valeur d’une somme de cent cinquante livres monnoye courante, le tout franchement et sans charges d’aucune dettes, obsecques ny funérailles,

Autre ce sera libre ladite future mariante de jouir sa vie durante de vingt cinq mesures de terres scituées audit Zutquerque faisant la moitié de cinquante appartenantes audit sieur futur mariant à partager égallement entre elle et les enfans ou autres héritiers du prédécédé et c’est pour son douaire coutumier en payant audit cas moitié dettes passées à l’encontre desdits enfans ou héritiers dudit futur mariant,

Comme aussy arrivant que Charles Antoine Louis Picquet fils du sieur Charles Philippe Joseph et de ladite damoiselle Marie Catherine Clément et frère utérin dudit sieur futur mariant présentement étudiant à Douay, vienne à prendre état de prêtrise séculier en ce cas ladite damoiselle future épouse devra laisser passer son titre clérical et de prêtrise sur lesdites vingt cinq mesures de terres et ce au cas d’enfants seulement et au cas de non enfans ledit Charles Antoine Louis Picquet ne poura prétendre sondit titre clérical que sur les autres vingt cinq mesures de terres et dont il aura la jouissance sa vie durante tant seulement à l’effet de quoy ledit futur époux luy en accorde par les présentes ledit droit de viage pour par luy recevoir et proffiter des revenus d’icelles dernières vingt cinq mesures à condition et non autrement de par ledit Picquet descharger ou faire descharger, deux obits par chacun an à compter du jour du décès dudit sieur futur mariant et pour le repos de son âme et de celles de ses parens et amis, et cela sy longtemps qu’il vivra, et devra payer et rendre aussy par chaque année à Marie Catherine Françoise et Marie Jacquemine Picquet ses deux sœurs le surplus du produit annuel desdites premières vingt cinq mesures de terres, distraction néanmoins faitte des rentes fonsières et surcensières à quoy lesdites terres peuvent être assujetties et tenues, et ce aussy sans aucune charge de dettes ;

Et au contraire decidante ladite damoiselle Jordaens future épouse paravant ledit sieur Picquart futur époux soit aussy qu’il y ait ou ait eu enfants du présent mariage, iceluy futur mariant aura la jouissance viagère de tous les biens meubles et immeubles, droits, noms, maisons et actions, successions et obventions de telle nature et scituations ils puissent être, que de délaissera ladite future épouse au jour et heure de son décès, en payant par luy touttes dettes, obsecques et funérailles de leur communauté sans qu’il soit tenu de faire aucun inventaire ni rachat ny donner aucune caution et assurance pour raison de ladite jouissance viagère qui commencera dès l’instant du décès de ladite damoiselle future mariante, et cela bien entendu au seul cas d’enfants, et au cas de non enfans ledit futur mariant demeurera propriétaire incommutable de tous les biens meubles, habits, linges, bagues, joyaux et autres ornemens servans aux corps et chefs de l’un et de l’autre des futurs marians aussy bien de tous autres effects ou argent monnoye et non monnoye, dettes actives ; le tout de leur communauté de telle nature que le tout puisse être et qu’ils seront en leur possession audit jour du trespas de ladite future épouse pour par ledit sieur futur mariant, ses hoirs ou aians cause en jouir et profiter à toujours sans qu’ils soient obligés de rendre et retourner aucunes choses aux héritiers d’icelle mais en payant comme dessus touttes dettes, obsecques et funérailles, et pardessus ce aura comme dessus la jouissance viagère des héritages qui succederont et obviendront à icelle pendant ledit mariage et la moitié des acquets qu’ils feront egallement à ses frères et sœurs si sont lors vivants suivant la coutume de Furnes, soit frères germains ou utérins de ladite future mariante ; se réservant ledit sieur futur mariant la faculté nonobstant le douaire coutumier cy devant accordé à ladite future épouse de pouvoir vendre, charger et alienner sesdits biens pour son plus grand proffit et avantage ainsy qu’il auroit pu faire paravant les présentes, le tout nonobstant toutes coutumes, usages, stils, privilèges et rigueur de droit au contraire quoy ;

Lesdites parties ont dérogé et renoncé par cette et à l’entretien, effet et exécution du contenu cy dessus ils ont obligé et obligent tous leurs biens présens et à venir sur lesquels ils accordent respectivement mise de fait et hypothèque, élisant domicille à la maison du Roy à Saint-Omer, acceptant à juges Messieurs du Conseil d’Artois et subalternes sans les pouvoir décliner, renonçant à choses contraires aux présentes ;

Approuvant le renvoye à la marge de la seconde face et celuy à la marge de la quatrième, et le mot au dessus d’un autre rayé à l’interligne de la sixième face.

Ainsy fait et passé audit Saint-Omer pardevant que dessus avec lesdites parties le douze de décembre mil sept cens trente deux.

 


Notes :

(1) Jean Picquart, né le 6 octobre 1702 à Louches, avait pour parrain Jean Déclemy et pour marraine Marie Noncle, sa grand-mère maternelle (voir l’acte). Ses parents, Jean Picquart (né vers 1654) et Marie Catherine Clément (née vers 1677), s’étaient mariés le 23 juin 1699 à Zutkerque (voir l’acte). Jacques Clément (père de Marie Catherine) est cité comme échevin du pays de Brédenarde  en 1699 (Gros de Saint-Omer).

(2) Marie Thérèse Jordaens, née le 31 mars 1710 à Houtkerque (Nord), avait pour parrain J. Jordaens, prêtre (son oncle Jacques Victor), et pour marraine damoiselle Pétronille Thérèse Van Renterghem « idque ex commissione » demoiselle Marie Françoise Wouters, de Bruges.

Son père, Denis Winocq Jordaens, était bailli d’Houtkerque en 1715 (Archives de Bergues). Il était le frère de Jacques Victor Jordaens, prêtre (né le 25 septembre 1670 à Quaëdypre), lequel possédait le 29 juillet 1711  les 4/5e de la seigneurie du Parquet, à Zutkerque et Nortkerque, qui se comprenait en « quatre mesures et demie de terres et droits seigneuriaux divers », par succession de Jean Jordaens, son père (Arch. Nord, Bur. Fin. C. 212.). Ledit Jean Jordaens (père de Denis Winocq et Jacques Victor), marié le 20 août 1667 à Quaëdypre avec Marie Verhille, était l’arrière-petit-fils de Nicaise Jordaens et de Jeanne Daens, dont le frère, Nicolas Daens, écuyer, était seigneur du Parquet au début du 17e siècle.

Le dernier quint de la seigneurie du Parquet appartenait en 1711 à Marie Marguerite d’Audenfort, du chef de sa mère, Marie Desgardins, arrière-petite-fille de Noël du Saultoir et de Jacqueline Daens, qui était la sœur de Jeanne et de Nicolas Daens.

La mère de Marie Thérèse Jordaens, Anne Marie de Altuna, était la fille d’André de Altuna, gentilhomme d’origine espagnole, et de Marie Anne de Mariaval (lesquels se sont mariés le 23 octobre 1676 à Ypres). Don André de Altuna est signalé comme commandant de la ville de Termonde en 1667 (Messager des sciences historiques de Belgique, année 1840, Gand, p. 171 – lire en ligne).

Anne Marie de Altuna et Denis Winocq Jordaens se sont mariés le 20 juin 1709 à Houtkerque. Après la mort de ce dernier, le 2 novembre 1719 (même paroisse), elle s’est remariée avec Jacques Théodore Loys, le 18 novembre 1725 (idem).

 

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Vente de la Grande Helle à Eperlecques (1735)

Bibliothèque de Saint-Omer, Gros des notaires, vente n°129 du 25 janvier 1735.

Vente pour cause de nécessité du fief de la Grande Helle, dans la paroisse d’Eperlecques… mais le vendeur s’arrange pour continuer à porter quelques temps le titre de seigneur de La Helle, il faut sauver les apparences! Ce contrat donne de nombreux détails sur l’étendue et la contenance de ce fief, avec la désignation des occupants des parcelles voisines. Certains occupants semblent avoir vécu plusieurs décennies plus tôt [1], ce qui laisse penser que ce contrat a été en partie recopié sur un dénombrement ou contrat plus ancien.

Grande_Helle

Pardevant les notaires royaux soussignez furent présens Antoine Joseph François de Hanon [2] escuier seigneur de Lamotte et autres lieux demeurant en cette ville [de Saint-Omer] et dame Marie Jeanne Françoise Caron son épouse qu’il autorise à l’effet cy après et sans contrainte ainsi qu’elle a déclaré, icelluy fils et héritier patrimonial féodal de feu Antoine de Hanon ecuier seigneur de Lamotte;

Et reconnurent avoir rendu cédé et transporté et par les présentes rendent cèdent et transportent au profit de noble homme Jacques François Doresmieulx [3] escuier seigneur de Fouquières demeurant en cette ville icy présent et acceptant pour luy ou son command:

Toute une ferme occupée par Françoise Thérèse Darques veuve de Philippes Lampstaes [4] au village d’Esperlecques dont la consistance est de quarante-quatre mesures ou environ nonobstant que par le bail il soit fait mention qu’elle contient quarante-huit mesures parce que conformément audit bail Jean Baptiste François de Hanon [5] escuier Sr de La Chapelle en avoit un dixième et que pour raison du susdit dixième on luy a laissé suivre quatre mesures desd terres suivant un contrat de convention passé devant notaires le onze janvier de l’année dernière [11/01/1734];

Et à prendre lesdites quarante-quatre mesures pour la moitié allencontre des héritiers du Sr Louis Marcotte [6] pour l’autre moitié dans les parties de terres cy après ladite cense nommée la Grande Helle et ledit Sr de Hanon ayant droit allencontre que desssus de la juste moitié des fiefs de la Helle et de Staede consistant en rentes foncières tant en grains volailles qu’en argent et autres droits y afférans relevant de la châtellenie d’Esperlecques (ajout : la susdite moitié desdits deux fiefs restera aussi comprise en la présente vente);

Et sont les terres de ladite cense que l’on vend par le présent contrat comme s’ensuit:

  1. Premièrement la moitié du manoir de la Grande Helle enclos de hayes et d’eaues contenant vingt mesures trois quartiers deux verges listant west au fief de ladite Helle tenu de la seigneurie de Beaulo et aux terres de la Petite Helle [7], oest à trois mesures de terres cottières et au fief de Robert Cocquillan [8] et aux terres dudit lieu de le Helle, zud au cours de l’eaue du moulin;
  2. Item la moitié d’une pièce de terres à labour contenant seize mesures trois quartiers et vingt verges avec une dreue qui meine de la rue dudit Staede [8 bis] audit lieu de la Helle, listant oest à une pièce de onze quartiers quinze verges cy après déclarée et à Jean Francq à cause de Marie Wallericq sa femme fille de Jean, west à d’autres terres tenue dudit Beaulo, aboutant nort à ladite rue d’Estaede et zud au manoir et chef-lieu de ladite Helle;
  3. Item la moitié d’une autre pièce de terre à labour contenant cinq mesures et demie avec le marais listant oest les héritiers Me Jean Roels, west à deux mesures de terres cottières dépendante de ladite seigneurie de La Helle tenu de la seigneurie de Lhoir, aboutant nort à ladite rue de Staede, zud au fief dudit Cocquillant et en partie aux héritiers Nicolas Povillon;
  4. Item la moitié d’un quartier de terre pasticq et marais listant west et oest aux enfants Charles Roels, aboutant zud au fief dudit Cocquillant, et nort à la pièce susdite;
  5. Item encore la moitié d’une pièce de terre contenante onze quartiers quinze verges et demy listant oest à Philippes Flamen et Jean Drincqbierre à cause de Jacquemine du Sautoir sa femme, west Dericq de Zwarte à cause de Marie Massemin sa femme et à ladite pièce de seize mesures trois quartiers cy dessus déclarée, aboutant nort à ladite rue d’Estade et zud auxdites trois mesures de terres cottières;
  6. Item la moitié d’un quartier de terres à labour audit lieu listant oest audit Dezwart à cause de sa femme, west aux enfants Adrien Regnier, aboutant nort à ladite rue d’Estade et zud aux terres de la susdite Helle;

Lesquelles parties cy dessus déclarées sont du domaine de la seigneurie de La Helle laquelle seigneurie est pareillement tenue en fief de ladite châtellenie d’Esperlecques.

Autres terres tenues en fief de ladite châtellenie qui composent le gros du fief et seigneurie de Staede:

  1. Scavoir la moitié d’un jardin contenant dix mesures et demye tant terres à labour, jardin que marais gisant zud du Helleboscq [9] listant oest Louis Wissocq [10], west Jean Francq à cause de Marie Wallericq sa femme fille Jean et autres, aboutant nort à Marie Delehoste, Pierre Haerdebolle et autres;
  2. Item la moitié d’une mesure demi quartier de terre audit lieu deseur la pièce précédente listant oest ledit Helleboscq, west ledit Pierre Haerdebolle, aboutant zud la pièce précédente, nort Etienne Deportre;
  3. Item la moitié d’une demie mesure aussi de terres à labour gisant west dudit Helleboscq, listant west Gilles Piers, oest Jean (Flapart), zud aux enfants Jean Devincq, aboutant nort audit Etienne Deportre;
  4. Et la moitié de trois quartiers de terre à labour gisant west dudit, listant oest et west à [blanc], aboutant nort à une piedsente et zud à [blanc].

Toutes lesquelles terres se vendent à concurrence de la moitié à prendre allencontre des héritiers dudit Sr Louis Marcotte avec lesquels lesdites terres sont restées par indivis, ledit Sr de Lamotte ne vendant que sa moitié;

Et pour ce qui est de tous les bâtiments qui sont sur le manoir de la Grande Helle il déclare qu’ils luy appartiennent entièrement et seront compris dans la présente vente;

A l’égard des autres terres qui font partie de ladite cense tenues de la seigneurie de Beaulo et qui appartiennent entièrement audit Sr vendeur compris aussi dans la présente vente elles se consistent comme s’ensuit:

  1. Scavoir onze mesures de terres à labour en une pièce scituées au camp zud d’Estade terroir d’Esperlecques, listant oest la grande dreue de la Grande Helle, west aux terres de la Petite Helle aboutant nort au chemin du Hellebroucq [10 bis] et zud au manoir de la Grande Helle;
  2. Item deux mesures et demie et demy quartier de terres à labour séant aussi zud dud Stade, listant oest la Coutre, partie west au Sr Dolle, aboutant nort la piedsente, zud à [blanc].
  3. Et finalement sept quartiers de terres cottières à labour séant zud de Stade listant west Guillaume Dumont, oest la table des pauvres d’Esperlecques, aboutant zud au Sr Roels et nort à Michel Gossen [11] et autres.

Tous les susdits biens tenus en fief sauf le dernier article qui est tenu en cotterie, et la vente s’en fait comme le tout se comprend et extend sans rien (livrer) par mesurage;

A l’égard de tous les bâtimens qui sont sur ledit manoir de la Grande Helle ledit Sr de Lamotte a déclaré en avoir le droit seul et entier et resteront compris dans la présente vente;

Les fiefs de la Helle et de Stade à concurrence de la moitié qu’en avoit le vendeur comme est dit cy devant;

Pour de tout ce qui est vendu comme dessus en pour user et posséder par ledit Sr de Fouquières ou son command dès à présent et pour l’avenir en titre de propriété héréditaire et à toujours à la charge des rentes foncières seigneuriales, féaultez et hommages auxquels lesdits biens sont asservis et déchargez de tous arrerages jusqu’à ce jour, ensemble lesdits biens dechargez de toutes dettes, hypothèques, substitutions et autres charges généralement quelconques par ledit vendeur sauf ce qui sera du cy après;

La présente vente se faisant par les vendeurs par la voye de nécessité aussi qu’ils ont déclaré et affirmé par serment prêté es mains desdits notaires ce qu’ensuivi et certifié a été par Adrien Tellier maître cordonnier mineur et Pierre François Papegay maître tailleur d’habits demeurant en cette ville tesmoins gens dignes de foy et de crédence à ce présens disant bien scavoir et connoitre lesdits affaires et nécessités;

Et tous les droits qui seront dûs à cause de la présente vente resteront à la charge de l’acquéreur puisque la vente se fait francs deniers;

Et outre ce a été dit par le Sr de Lamotte que tout ce qu’il vend comme dessus luy appartient à titre de partage fait avec ses frères et sœur;

Et se fait la présente vente parmy et moyennant douze livres pour messes, trois cent livres pour pot de vin et espingles à ladite dame venderesse, et pour le prix principal la somme de dix mille livres monnoye courante.

Et comme lesdits biens se trouvent affectez et hypothéqués à la seureté de huit constitutions de rente dûes au Sr Charles Joseph Joires grand bailly de Bergues et dame Marie Anne Thérèse Le Sergeant son épouse, lesquelles portent ensemble six mille cent cinquante-quatre livres dix-neuf sols neuf denier en principal, au cours de trois livres du cent par redriction selon qu’il est plus au long repris par les actes de subrogation, reconnoissances et réductions qui en ont été faits pardevant Me Jean Baptiste Marle notaire et son confrère dattez du vingt-deux juillet mille sept cent vingt [22/07/1720] il a été consenti en traitant des présentes que led Seigr acquéreur en diminution dudit prix principal resteroit chargé de ladite somme de six mille cent cinquante-quatre livres dix-neuf sols neuf deniers du principal des susdites rentes et qu’il resteroit aussi chargé du payement de la somme de deux mille six cent soixante dix-sept livres huit sols six deniers pour tous arrerages desdites rentes depuis le vingt-deux juillet mille sept cent vingt jusqu’au vingt-deux du présent mois de janvier et cours à l’avenir, pour raison desquels arrerages (etc.)

(…)

Il a été dit que sans conséquence le fils dudit seigneur de La Motte pourra continuer sa vie durante (ajout : dudit seigneur de La Motte son père tant seulement) à porter le nom de La Helle, et ledit Sr de La Motte remettra audit Sr acquéreur qu’il a concernant la propriété desdits biens.

Ainsi fait à Saint-Omer le vingt-cinq janvier mille sept cent trente-cinq, approuvant le renvoy de trente mots en marge (etc.)

Signé : A.J.F. de Hanon de La Motte, Marie Jeanne Françoise Le Caron, Adrien Telier, Pierre François Papegay, Doresmieulx de Foucquières, Vaneechout (notaire).

 


Notes :

[1] Notamment : Robert Cocquillan, mort avant 1674, ou encore Louis de Wissocq mort en 1673.

[2] Antoine Joseph François de Hanon, écuyer, sieur de La Motte (en Vaudringhem), fils d’Antoine de Hanon, écuyer, sieur de La Motte (fils aîné d’Omer de Hanon), et de demoiselle Marie Louise Pépin. Baptisé le 18 février 1688 à Vaudringhem, il s’est marié le 28 février 1724 à Aix-en-Ergny avec Marie Jeanne Françoise Le Caron. D’où notamment : Antoine Joseph de Hanon, sieur de La Motte, baptisé à Saint-Omer (Saint-Sépulcre) le 17 octobre 1735, lequel a obtenu une sentence de noblesse à l’élection d’Artois le 6 mai 1769.

[3] Jacques François Doresmieulx, écuyer, seigneur de Fouquières, s’est marié en 1720 avec Marie Thérèse Françoise Gaillard (1697-1771), fille de Jean-Baptiste Gaillard et de Marie Isabelle Roels, elle-même fille d’Adrien Roels (échevin de Saint-Omer) qui possédait la Petite Helle à la fin du dix-septième siècle.

[4] Le 13 décembre 1719, Philippe Lamptaes, demeurant à Eperlecques, et Françoise Thérèse Darques (décédée le 6 août 1741 à Eperlecques), sa femme (mariés par contrat passé à Saint-Omer en 1717), ont pris en bail la cense de la Grande Helle auparavant occupée par Guillaume Dewintre (Gros de Saint-Omer).

[5] Jean Baptiste François de Hanon, écuyer, sieur de La Chapelle, fils d’Omer André de Hanon (fils cadet d’Omer de Hanon) et d’Anne Françoise Caroline Pépin. Baptisé le 8 janvier 1696 à Fauquembergues, il s’est marié le 30 octobre 1727 avec Anne Josèphe Laurin.

[6]  Louis François Marcotte, échevin de Saint-Omer, s’est marié le 27 juin 1701 à Saint-Omer (Saint-Sépulcre) avec Jeanne Augustine Joyeux. Ensemble, ils sont acquéreurs le 19 septembre 1711 (contrat devant notaires à Arras) auprès de Louis de Gaya, écuyer, seigneur de Tréville, et Marie-Marguerite Desmarets son épouse (*), de la moitié des seigneuries de la Grande Helle et de Stade, indivise à l’encontre du sieur de Hanon, sieur de La Motte.

(*) La famille Desmarets possédait déjà la moitié de la Grande Helle en 1614 (rapport servi par Nicolas Desmarets).

[7] La Petite Helle : manoir voisin, à 800 mètres au sud-est de la Grande Helle (Géoportail). Propriété de la famille de Wissocq au moins jusqu’en 1669, on le retrouve en 1695 entre les mains d’Adrien Roels (Gros de Saint-Omer).

[8] Robert Cocquillan, écuyer, seigneur d’Affringues, fils de Robert Cocquillan et d’Adrienne Salmon. Il était mort avant le 9 juin 1674, date à laquelle sa sœur et héritière, demoiselle Françoise Cocquillan, vend à Antoine Christophe Munier de Marigna un fief consistant en rentes sur des biens sis à Stade et tenus de la seigneurie de Le Hollande, paroisse d’Eperlecques, constituées en 1516 et acquises en 1524 par Antoine Cocquillan, arrière-grand-père de Robert et Françoise (Gros de Saint-Omer, 1674, ventes n°20 et 27).

[8 bis] Rue du Stade : aujourd’hui la D207 (rue de Bleue Maison).

[9] Helleboscq : sans doute un bois (Helle-boscq, Bois de la Helle) ; ce nom de lieu n’est pas cité dans les dictionnaires topographiques. Il ne s’agit pas du Hellebroucq (Helle-broek, Marais de la Helle), dont le nom est parfaitement identifiable plus bas dans ce contrat.

[10] Louis de Wissocq, mort le 9 février 1673 à Louches. Propriétaire de la Petite Helle, à Eperlecques.

[10 bis] Chemin du Hellebroucq : aujourd’hui la rue de l’Estabergue / rue du Nouveau Chemin, qui relie la rue de Bleue Maison (rue du Stade) au hameau de Hellebroucq. Un chemin relie toujours cette rue à la Grande Helle.

[11] Le 25 juillet 1695, Michel Gossen, laboureur demeurant à Eperlecques, et Isabelle Boutoille, sa femme, prennent à bail du sieur Adrien Roels, échevin de Saint-Omer, la Petite Helle, consistant en manoir amazé de maison, granges, étables et 50 mesures et demi 13 verges et demi de terres à labour, prés et pâtures, gisant à Eperlecques et Houlle. – Le 21 avril 1699, Michel Gossen, fils des précédents, est cité pour le même bail (Gros de Saint-Omer).